Ghus a rejoint le paradis des ânes le 21 juillet 2008

Il y a quelque temps, j’arrivais à l’Oasis des Ânes. Je n’étais pas commode. J’étais plutôt Ghus, la terreur. Je ruais beaucoup, je voulais faire mal aux humains, eux qui m’avaient tant fait souffrir.

Un jour, l’Oasis a changé d’adresse. C’est ainsi que je suis arrivé à Bombaye. Quel changement ! J’avais devant moi un paysage immense, enchanteur, des champs, des prairies qui changeaient à chaque saison. La vie ici était très douce. La journée commençait par des câlins et des carottes. Les personnes qui m’entouraient étaient très calmes, elles me comprenaient. Muriel m’appelait même « Mon Pèpère ». Je me suis assagi. J’avais compris que tous les hommes n’étaient pas comme ceux que j’avais connu auparavant. A force de gentillesse et de persévérance, Muriel et son mari, Jean, ont même pu me faire les pieds régulièrement sans que je m’énerve. J’avoue que j’appréciais même.

Deux fois par mois, nous avions des visiteurs extérieurs. Les personnes se méfiaient un peu de moi mais j’étais quand même admiré. Le groupe s’agrandissait de temps en temps.

Un jour, j’ai vu arriver Chourique. Je suis tombé amoureux d’elle. Je devais la protéger car elle avait de gros problèmes aux pieds. Nous formions vraiment un joli couple. Toujours l’un à côté de l’autre, c’est ce qu’on appelle le grand amour.

Et puis, la fatalité. Ce 20 juillet, j’ai eu un problème. Tout le monde s’est mobilisé pour me faire marcher. J’ai entendu parler de coliques, mais moi je savais… j’apercevais déjà la porte d’entrée du « Paradis des Ânes ». Muriel, comme d’habitude, a appelé le vétérinaire qui m’a examiné et m’a fait une piqûre. Ensuite, j’ai pu aller retrouver ma Chourique (en chemin, j’ai même rué vers Jacques, je devais garder mon renom). Muriel venait me voir sans cesse et me parler (au fond d’elle même elle avait compris que j’étais en fin de vie mais elle gardait un espoir). Vers 3 heures du matin, j’étais très las, très fatigué et c’est paisiblement et rassuré que je me suis endormi pour aller rejoindre le « Paradis des Ânes ». Je quitte ma Chourique mais je sais qu’elle est très bien entourée et soignée.

Et vous, les copains, profitez de la chance d’être à l’Oasis des Ânes. Je veux remercier Muriel pour sa douceur, sa patience et ses mots tendres. Merci à tous, grâce à vous, la fin de mon histoire a été pleine de bonheur.

Du « Paradis des Ânes » où je vis maintenant, je vous vois et je veille sur vous.

Ghus
(sous la triste plume de marraine Simone)