Fripouille, arrivée depuis peu de temps au refuge en compagnie de son fils Picotin (voir rubrique nos ânes au refuge), s’est envolée pour le paradis des ânes le 01/04/09.
Tout a commencé le dimanche 29 mars. Le matin, elle a mangé et elle avait un comportement tout à fait normal. Dans l’après-midi, en prairie, elle avait tendance à se coucher un peu trop souvent à mon goût. A mon approche, elle se relevait et trottait plus loin (c’était une ânesse très farouche et qui n’appréciait pas le contact).
Le soir, au moment de rentrer dans le box, mes doutes se sont confirmés et j’ai appelé le vétérinaire en urgence pour cause de coliques. Son diagnostic a été clair et pas très encourageant. Après administration de médicaments, il a été convenu que si aucune amélioration n’avait lieu durant la nuit, elle devait être transférée en clinique. Son état durant la nuit ne s’est heureusement pas détérioré mais il ne s’est nullement amélioré non plus.
Le lundi matin, elle était transférée à la Clinique vétérinaire de Liège (Sart-Tilman). Après examen et échographie, les résultats ne se sont pas faits attendre et ont confirmé la gravité de la situation… déplacement du gros intestin.
Elle a été placée sous baxter afin de la réhydrater car, depuis la veille au soir, elle refusait de manger et de boire. Un traitement lui a également été administré ainsi que des anti-douleurs.
Son état est alors resté stable mais sans aucune amélioration jusqu’au mercredi où son état s’est fortement aggravé. Les vétérinaires de la clinique ont alors conseillé de l’euthanasier afin de lui éviter des souffrances supplémentaires, ses chances de survie étant pratiquement nulles.
Elle nous a donc quitté le 01/04/09. L’autopsie n’a rien révélé de plus. Dans ce cas, on se sent bien impuissant face à la situation mais on n’aurait rien pu faire de plus. Tout ce qui devait être fait a été fait et le problème a été vu tout de suite. Cela fait aussi malheureusement partie de la vie d’un refuge.
J’en profite pour rappeler à tous les propriétaires d’ânes que l’âne n’est pas du tout démonstratif quand il souffre de quelque chose et que seule votre attention de chaque instant peut le sauver quand c’est possible. Contrairement au cheval qui montre beaucoup plus les signes de douleur, même de graves coliques comme c’était le cas ici sont difficiles à déceler chez un âne. Il faut bien connaître son âne et l’observer le plus souvent possible. Le moindre petit changement de comportement doit vous mettre « la puce à l’oreille ». Rien n’est jamais très franc chez l’âne mais, en cas de doute, il vaut mieux appeler le vétérinaire une fois de trop qu’une fois trop peu.